Quand la vie adulte prend le pas sur soi-même, est-il possible de retrouver les émois amoureux de l’adolescence, sont-ils similaires entre adultes ? C’est l’interrogation qu’on peut discerner dans le long-métrage en compétition La Piel en primavera de la cinéaste colombienne Yennifer Uribe Alzate. On suit Sandra, une agente de sécurité dans un centre commercial, mère célibataire d’un adolescent de 15 ans, vivant une existence monotone jusqu’à ce qu’elle commence de nouveau à aimer. La vie morose de Sandra se dessine dès l’ouverture dans le bus 243, où elle est fondue dans la masse des autres passagers et la caméra adopte son point de vue quand une interaction avec le chauffeur prend racine. La beauté du long-métrage de Alzate n’est pas seulement de raconter une chronique non-narrative d’une idylle adolescente entre des personnes quarantenaires, mais la force revigorante d’une femme qui redécouvre peu à peu les émotions, les volontés, les sentiments amoureux. Le corps aussi se dévoile à la caméra, des tenues renfermées aux habits plus légers dévoilant la peau humaine, des vêtements de printemps (primavera en espagnol). La saison de l’amour prend racine, les sentiments longtemps refoulés ressurgissent pour le meilleur et le pour le pire. Des premiers touchers aux préliminaires jusqu’au rapport, La Piel en primavera reprend le cheminement d’un film du coming of age chez les quarantenaires. Qui dit ferveur adolescente dit évidemment rupture avec le petit copain mais également fêtes entre copines, qui était jusqu’alors un lointain regard depuis son appartement ou observant son fils qui rentre tard avec un préservatif dans la poche arrière. Dans ces diverses interactions, des morceaux de vie, le long-métrage en délivre un beau plaidoyer sur l’amour renaissant mais également l’indépendance et le corps féminin.
La Piel en primavera (2024) : Les adultes n’existent pas


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